Chanson caussenarde
Là où le ciel mange la terre
Au cœur des causses de Lozère
Là où la vie prend tout son temps
Entre le présent et l’antan
Où les cabanes l’air de rien
Vous font des nuits d’épicuriens
Là où le dahut cévenole
Fait dir’: « Molo sur la picole »
Là où le fou longe l’aven
Histoir’ que la vie le retienne
Où l’on sait bien que l’horizon
Peut vous fair’ perdre la raison
Là où se tisse mon chemin
J’ai rencontré quelques humains
Avec les prénoms en écho
De Viviane et Marco
Là où à chaque coup de froid
On voit la Mort et son charroi
Là où l’on sait bien qu’à la louche
L’été vaut son pesant de mouches
Où l’on connaît le prix de l’eau
Et des brebis dans leur enclos
Là où l’on sait en Caussenard
Ce que vous cache le brouillard
Là où la valse des vautours
Fait mettre l’héritage à jour
Où le passant au dépourvu
Découvre l’à perte de vue
Là où se tisse mon chemin
J’ai rencontré quelques humains
Avec les prénoms en écho
De Viviane et Marco
Là où l’on sait que la tourmente
N’est pas un de ces mots qui mentent
Là où les pas sont géologues
Où le genêt la joue Van Gogh
Où la pierr’ sait le poids des ans
Quand peu à peu partent les gens
Et là où certains soirs d’été
Ondule une mer argentée
Là où le vent que ça démange
Vient caresser les cheveux d’ange
Où les corbeaux vous font cortège
En croassant leurs sortilèges
Là où se tisse mon chemin
J’ai rencontré quelques humains
Avec les prénoms en écho
De Viviane et Marco
Là où le marcheur prend le grain
Quand la pluie bénit le pél’rin
Là où l’on connaît la chanson
Sur cet adrech où nous passons
Où la guitare au coin du feu
Joue parfois pour un chat ou deux
Là où se tissent nos chemins
J’ai rencontré quelques humains
Avec les prénoms en écho
De Viviane et Marco
Philippe Thivet
(Chemin de St-Guilhem, 05/2026)