Les balançoires du port d’Amsterdam
Les balançoires du port d’Amsterdam
Dansent le soir au ballant de mon âme
Il en est un qui me revient souvent
Brel, c’est certain, y chantait dans le vent
Oui, ce soir-là, je volais je le jure
Ce souffle-là gonflait notre voilure
Nous y avions largué un peu de lest
Et nous disions: « Ce qui s’y passe y reste »
Les balançoires du port d’Amsterdam
Dansent le soir comme des oriflammes
Te souviens-tu de nos éclats de rires
Du vent têtu qui venait les cueillir
Oui, la rumeur des langueurs océanes
A plus de cœur que les voix qui ricanent
La mer du Nord en sait bien des histoires
Aurions-nous tort de vouloir trop y croire
Les balançoires du port d’Amsterdam
Ont certains soirs un peu de vague à l’âme
J’y sais nos chants qui lézardent les cieux
Le sel séchant, aussi au coin des yeux
Oui, tes vingt ans n’étaient pas épargnés
Ce fut pourtant toujours ça de gagné
Nos joies, nos pein’s dans cette étrange danse
La mer est plein’ de ce qu’on y balance
Les balançoires du port d’Amsterdam
Ont pu savoir nos lueurs et nos drames
J’y ai laissé nos cœurs se balançant
Quelques pensées, un beau soir en passant
Oui, j’y reviens à mes moments perdus
Je me souviens de ce temps suspendu
Vois-tu là-bas nos deux ombres qui voguent
Leur cœur qui bat au pays de Van Gogh
Les balançoires du port d’Amsterdam
Doivent savoir le prix de cette flamme
Brûlant encor’ dans un coin de nos têtes
Quand cap au nord nos souvenirs s’entêtent
Oui, nous étions joyeux équilibristes
Quand nous dansions tout au bout de la piste
Nous repartions a middle of the bridge
Et conjurions ainsi notre vertige
Chèr’s balançoires du port d’Amsterdam
Je viens ce soir vous apporter mon âme
Votre roulis sait tout ce que j’y sème
Et cet oubli peut-être de moi-même
Philippe Thivet
(09/07/2026)