J’écris

Je vous fais mes adieux
Depuis tell’ment de temps
Dans des vers prétentieux
Que personne n’entend

J’ai jeté alentour
Des bouteill’s à la mer
Sous quelques traits d’humour
Sans même en avoir l’air

Si je suis mort de froid
A l’ombre de mes vers
Sans doute que leur bois
Etait encor’ trop vert

J’en ai fait des poèmes
Que personne ne lit
Et mon dernier « je t’aime »
N’est que papier jauni

Et toi pour qui j’écris
Tu ne sauras jamais

Ni les mots ni les cris

Que je te destinais

J’ai parlé des absents
Qui n’ont pas toujours tort
Je me suis su vivant
Façonné par des morts

J’ai choisi l’écriture
Plutôt que le comptoir
Et vois-tu mes bitures
Se prenne(nt) à l’encre noire

Il aura été vain
De vouloir autre chose
Que ce fichu train-train
Qui pourtant nous sclérose

C’est un blues en sourdine
Qui berce un peu ma plume
La mélodie chagrine
De chacun, de chacune

Et toi pour qui j’écris
Tu ne sauras jamais

Ni les mots ni les cris

Que je te destinais

Je parle encore de moi
Il est temps de se taire
Et l’écho de nos voix
Tout doucement se perd

J’ai trop dit mes blessures
Cachées entre les lignes
Mes infimes fêlures
Qui sont autant de signes

De cette part d’enfance
Etouffée sous les cris
Je joue la résilience
Dans tout ce que j’écris

C’est pourtant par ces mots
Que je me sens vivant
Mais les chants les plus beaux
Ne sont rien que du vent

Et toi pour qui j’écris
Tu ne sauras jamais

Ni les mots ni les cris

Que je te destinais

 Philippe Thivet
(15/05/2017)

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