La peine des autres

Que saurais-je petite
Dans le fond de ton cœur
De cette stalactite
Qu’alimentent tes pleurs ?

Une larme qui roule
Doucement sur la joue
C’est de l’eau qui s’écoule
Portant un peu de nous

Sa source qui affleure
Au secret de l’humus
Même en torrent rageur
N’en dit pas beaucoup plus

On se sait jamais rien
De la peine des autres
On se sait jamais rien
De la peine des autres

Que saurais-je bien sûr
Derrière ton sourire
De tes moindres blessures
De ce qu’on ne sait dire ?

D’une larme affleurant
Au coin d’une paupière
Tu accuses le vent
Ou un grain de poussière

Insondable, profonde
Ou à peine rosée
Dans cette eau que je sonde
Pas vraiment de clarté

On se sait jamais rien
De la peine des autres
On se sait jamais rien
De la peine des autres

Ce que je crois pourtant
Savoir de tes souffrances
Se mesure souvent
A l’aune du silence

De quelle provenance
Ce sel à tes yeux gris
Des marais de l’enfance
Ou de la dernièr’ pluie ?

La vie qui le dilue
Le dépose en secret
On le pensait perdu
Voici qu’il reparaît

On se sait jamais rien
De la peine des autres
On se sait jamais rien
De la peine des autres

Que saurais-je petite
De tout ton vague à l’âme
De ses choses non dites
Qui aiguisent leur lame ?

Sous un éclat de rire
Qui trompe un peu son monde
Difficile de dire
Cette eau noire qui gronde

Le poids de nos chagrins
Quand se vident nos sacs
Vient troubler en chemin
La surface des flaques

On se sait jamais rien
De la peine des autres
On se sait jamais rien
De la peine des autres

Faisons danser petite
Dans le fond de nos cœurs
L’ombre des stalactites
Qu’alimentent nos pleurs

Philippe Thivet
(09/01/2015)

 

 

 

 

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