Vue sur mer

Port helene floc h 800x450 2

( d’après une photographie d’Hélène Floc’h, du collectif Kafé foto )

La mer est d’huile et semble
Attendre une allumette
Quand l’aurore y rassemble
L’éclat de ses mouillettes

Par la beauté étrange
De trois mâts en bouquet
L’horizon nous démange
A portée de ce quai

Tirant sur nos amarres
Nos cordages, nos laisses
Nous rêvons de départ
Sans y laisser d’adresse

N’est-ce que points de rouille
Piquetant nos étraves
Ou la vie où l’on mouille
Serrant trop ses entraves?

Grand voilier droit devant
N’attendant que le vent!

Cette grue sur le port
Etirant ses vieux os
Semble vouloir encore
Nous regarder de haut

Par la beauté étrange
De l’instant suspendu
L’horizon me démange
Salle des pas perdus

Routard de pacotille
Echoué sur la grève
A pleines écoutilles
Je m’y leste de rêves

A quelle terr’ lointaine
La proue de ce cargo
A frotté sa carène
Ou à quel marigot?

Grand voilier droit devant
N’attendant que le vent!

Pas marin pour un sou
Je m’enivre d’embruns
On peut bien être soûl
Tout en ne buvant rien

Philippe Thivet
(GR34, 05/2017)

 

 

 

 

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