Paysages

D’où que l’on soit, d’où que l’on vienne
De vents de sables en averses
Rus et rivières sont nos veines
Les paysages nous traversent

De feu, de glace ou de forêts
Au fond de nous les eaux qui dorment
Bien plus encor’ qu’il n’y paraît
Les paysages nous transforment

De vastes plaines en collines
L’a cappella de nos ruisseaux
De champs de blé en champs de ruines
Fredonne au creux de nos berceaux

Perte de vue ou troglodytes
Au cœur battant de nos reliefs
Dans les regards où ils s’invitent
Les paysages font leurs fiefs

Lieux touristiques des selfies
Sables mouvants des cœurs nomades
Au jeu de nos géographies
Les paysages nous regardent

Du petit bois de notre enfance
Aux murs gris de nos évasions
Nos fonds d’écrans en transparence
Ne bercent que nos illusions

Terre de feu ou de prairies
De la toundra ou des mangroves
Nous sommes tous un peu pétris
Du paysage où l’on se love

L’ombre des pins ou des cités
L’herbe verte de nos troupeaux
Donnent toujours droit de citer
Aux paysages sur nos peaux

De dunes, d’eau ou de granit
Aux sabliers de nos mémoires
Chaque parcelle nous habite
Chaque horizon tend son miroir

Au plein poumon de nos grands arbres
Aux pleines brassées de nos fleuves
Même à vouloir être de marbre
Les paysages nous émeuvent

De la richesse des errances
A l’inertie de nos racines
A larges traits ou en nuances
Les paysages nous dessinent

De mer, de roc ou de béton
Du point de vue de nos fenêtres
A chaque pas nous emportons
Un peu des ciels qui nous font naître

Philippe Thivet
(17/04/2017)

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